La plainte déposée contre moi

Publié le par Sandrine

Quelques jours plus tard, mon avocate me contacta pour me transmettre les conclusions de la partie adverse. Nous lui racontâmes ce qui nous était arrivé. Elle nous dit qu’elle le ferait valoir dans sa plaidoirie. L’avocate que j’avais vue en garde à vue m’avait parlé de la possibilité de déposer plainte à mon tour pour dénonciation calomnieuse. Je gardais cette option à l’esprit. La garde à vue avait duré quatre heures en tout et pour tout, mais elle avait suffi à me briser. Je n’avais plus goût à rien. Je n’avais plus d’anxiolytiques et aucune envie de voir qui que ce soit, pas même le médecin. Je pris alors ce que je pus trouver à la pharmacie pour tenter de supporter ce choc. Cela ne suffit pas. Désormais, seule la haine que je vouais à Alain et Valérie me permettait de tenir debout, et l’étude et la défense de mon dossier étaient devenues mes uniques raisons de vivre. Je me consumais. Ma raison ne tenait plus qu’à un fil. Lorsque j’avais demandé à mon avocate ce qu’il y avait dans le dossier, elle s’était montrée très rassurante. Pour elle, il n’y avait rien d’inquiétant. Pourtant, le premier document que je trouvais me laissa sans voix. Il s’agissait de la plainte que Valérie avait déposée. Ma raison vacilla. J’en voulus à mon avocate. Comment était-il possible qu’elle ait eu ce document en sa possession bien avant la garde à vue et qu’elle ne m’en ait pas avisé ? Comme se pouvait-il qu’elle ne m’ait pas averti du danger ? Comment pouvait-elle considérer que ce document n’avait rien d’inquiétant ? J’étais persuadé que si je l’avais eu en mains, j’aurais pu déposer plainte à mon tour et que jamais ni Sandra ni moi n’aurions subi une telle épreuve. Il faut dire que Valérie ne nous avait épargné ni l’un ni l’autre auprès des gendarmes qui l’avaient reçue :
« Entendons la personne dénommée ci-dessus qui nous déclare :
« - Je me présente ce jour au bureau de votre unité afin de déposer plainte pour le vol dont j’ai été victime.
- Je suis gérante de la station service du village.
- Mon fond de caisse journalier s’élève à 500 euros. Au fur et à mesure de la journée, un employé est amené à encaisser l’argent. Dès 300 euros d’encaissement, l’employé doit obligatoirement les déposer dans le coffre fort situé dans mon bureau.
- Hier entre quatorze et quinze heures, je suis allée récupérer l’argent dans le coffre. J’ai pris ma caisse ainsi que celle de Monsieur Pottier, un de mes employés. En vérifiant les caisses, je me suis aperçue qu’il manquait 1200 euros de recette. Ces 1200 euros correspondaient à une remise provenant de la caisse de Monsieur Pottier en faveur du coffre fort. En vérifiant sur la feuille de quart de Monsieur Pottier, j’ai constaté qu’il avait effectué une remise de 1200 euros vers 20 heures 30.
- Je lui ai demandé s’il avait le souvenir d’avoir déposé cette remise dans le coffre. Il a affirmé que oui. Cette remise a disparu. Je ne sais pas où elle est passée.
Question : Possédez-vous des caméras de vidéosurveillance au sein du magasin ?
Réponse : Oui, j’en ai quatre situées à l’extérieur du magasin et je crois qu’il y en a cinq à l’intérieur. Je n’en suis pas sûre à cent pour cent.
Question : Est-il possible que Monsieur Pottier ait pu dérober cet argent ?
Réponse : Connaissant le système de la remise d’argent dans le coffre, je me suis dit qu’il était impossible que cet argent ait été perdu. Par ailleurs, cela fait six ans qu’il travaille au sein de la station service, il connaît parfaitement ce système. Enfin je doute qu’il ait oublié de mettre cette somme dans le coffre puisqu’il affirme l’avoir fait.
Question : Avez-vous visionné les vidéos des caméras de surveillance ?
Réponse : Oui. Eric a une attitude assez affolée, il regardait partout, ce n’est pas une attitude qu’il a habituellement. Par ailleurs, sur la vidéo on aperçoit la concubine d’Eric, Mademoiselle Sandra Bouvier, qui se trouve devant la porte d’entrée du magasin les mains derrière le dos. On dirait qu’elle faisait le guet.
- Je peux vous fournir la vidéo des caméras de surveillance afin que vous puissiez juger par vous-même.
Question : Avez-vous les coordonnées de Monsieur Eric Pottier ?
Réponse : Je n’ai que son adresse, la voici…
Je dépose plainte contre X
J’ai reçu l’attestation de dépôt de plainte. »

Lire la suite : La plaidoirie de première instance de la partie adverse

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la nonna 08/07/2014 12:48

je m abonne a ton blog, il est tres interessant, bisous de la nonna

Un job d'enfer! 09/07/2014 10:46

Bonjour La Nonna,
Ca me fait bien plaisir!