La porte du petit pavillon...

Publié le par Sandrine

La porte du petit pavillon n’était pas verrouillée et Nathan l’ouvrit en se disant qu’il devait déjà être trop tard. Alain, arme au poing, le précéda dans l’entrée et avança prudemment jusqu’au salon. Avec un hoquet de surprise horrifiée, il s’arrêta net et baissa son arme en niant tristement.Nathan le dépassa et pénétra dans la pièce, s’attendant au pire. Il n’avait pourtant pas envisagé le spectacle qui s’offrait à lui et dut s’appuyer au mur pour ne pas s’effondrer. Il remercia intérieurement le lieutenant d’avoir interdit à Marie-Anne de les accompagner. Crucifié tête en bas, Edouard était mort bien avant leur arrivée et sans doute avant le coup de téléphone d’Alain. Aux côtés du corps du vieil homme, deux hommes vêtus de longues robes blanches étaient également crucifiés, tête en haut. Choqué, Nathan releva que les deux hommes souriaient. Epouvanté, il fut frappé par cette constatation insensée: ils avaient été consentants! Les trois croix de bois d’olivier verni reposaient contre le mur de crépis blanc. Non contents de leur avoir transpercé les pieds et les mains d’énormes clous dorés, les tortionnaires avaient lié les extrémités de leurs victimes avec des cordelettes de nylon pour que les corps ne tombent pas des crois, les mains et les pieds des trois hommes risquant de se déchirer sous l'action de leur propre poids. Alain se prit à espérer qu’Edouard ait rapidement succombé à une défaillance cardiaque plutôt qu’à la lente et douloureuse agonie d’une asphyxie. Sortant un couteau de sa poche, il s’approcha d’Edouard dans l’intention de dégager sa dépouille de cette position infamante mais Nathan le retint.
«- Non. Vous savez comme moi qu’il ne faut pas… Lui dit-il, la voix brisée. Après lui avoir adressé un long regard, Alain rangea son couteau.
-Excusez-moi… Je crois que j’ai perdu la tête. Appelez le légiste. Il n’y a malheureusement plus que ça à faire. Conclut-il dans un souffle.» Nathan acquiesça et s’exécuta.

Lire la suite: Le légiste lui-même eut un temps...

Publié dans L'ange pourpre

Commenter cet article