Pourquoi a-t-on cherché à vous incriminer de la sorte?

Publié le par Sandrine

- Pourquoi a-t-on cherché à vous incriminer de la sorte?
-Pour détourner les soupçons. Dites-vous bien en revanche que le coupable que vous cherchez est quelqu’un qui ne partageait pas mon quotidien, faute de quoi il n’aurait pas fait une erreur aussi grossière.
-Un point pour vous, ma sœur.
-Je vais retourner dans ma cellule, mon fils, je suis épuisée.
-Criez en cas de problème. Lui conseilla-t-il avec une pointe d’ironie. La religieuse lui adressa un sourire chaleureux et se rendit doucement vers la sortie. Tu es bien pensive… Dit-il en s’asseyant à côté de Marie-Anne.
-Oui. Il faudrait que nous allions faire un tour dans le bureau de Thérèse… Il faut impérativement que nous vérifions quelque chose. Si j’ai raison, nous tiendrons notre coupable mais nous apprendrons aussi que nous ne sommes pas en sécurité ici.
-A quoi penses-tu? Sœur Clothilde n’avait aucun intérêt à nous mentir, tout ce qu’elle a dit est facilement vérifiable…
-Ce n’est pas à elle que je pense, elle est définitivement hors de cause. Le jardinier dont nous occupions la maison, en revanche…
-Mais il a quitté l’abbaye il y a des années!
-Il est catholique, mais n’était pas reclus ici, il se peut donc tout à fait qu’il ait été amené à rencontrer Divitto.
-Rien ne le prouve, nous ne le connaissons même pas.
-Il était au courant de l’existence du souterrain puisqu’il débouche dans la maison.
-C’est probable.
-Puisqu’il connaissait ce tunnel, il devait savoir également qu’il donnait directement dans le bureau de la mère supérieure, il pouvait donc se procurer les clefs et en faire un double dans le but de revenir ici plus tard.
-Il y a un ou deux problèmes dans ton hypothèse… Sœur Clothilde nous a dit que la mère supérieure gardait les clefs sur elle. Ensuite, il aurait fallu que ces meurtres aient été prémédités depuis un an au moins, ce qui est loin d’être évident. Que voulais-tu vérifier?
-La date de son départ.
-Ca n’aurait rien prouvé.
-Pourtant, si ce n’est pas sœur Clothilde, c’est forcément quelqu’un venant de l’extérieur.
-Ce problème est insoluble pour l’instant. Je vais quand même récupérer les clefs pour fermer l’église et que nous puissions fermer nos portes. Demain, nous irons nous réfugier au bunker pendant que sœur Clothilde appellera la gendarmerie afin qu’ils fassent les constatations d’usage.
-Je ne comprends pas pourquoi ils ne s’en sont pas pris directement à nous alors qu’ils savent que nous sommes ici.
-Je crains qu’ils ne te veuillent vivante.
-Ca m’a également traversé l’esprit et ça m’effraie plus que s’ils voulaient me tuer.
-Rien de tout cela n’arrivera. Nathan était intensément conscient du profil figé de Marie-Anne et de son corps tendu tandis qu’il jetait un regard désolé à la dépouille de Thérèse.
-Sébastien… Murmura-t-elle. Nathan sursauta comme sous l’effet d’une décharge électrique.
-Impossible! Trancha-t-il sans même se donner la peine de réfléchir.
-Pourquoi sœur Clothilde t’aurait-elle dit que tu verserais des larmes de sang quand tu apprendrais la vérité? Insista-t-elle doucement.
-Je ne sais pas. Je crois qu’elle perd un peu la tête. Nous allons devenir fous si nous continuons à voir en chacun un coupable. D’ailleurs, quels sont les éléments qui nous permettraient de le soupçonner plus qu’un autre?
-Il était proche des sœurs mais pas assez toutefois pour être au courant de la maladie de Clothilde. Il avait toute latitude de subtiliser les clefs pour en faire une copie. La mère supérieure lui a peut-être confié l’existence du tunnel. En outre, il a parlé de Divitto comme s’ils le connaissait… Je me fais honte de penser qu’il puisse être impliqué et pourtant, je ne peux m’en empêcher. Et puis, il y a autre chose… Tu te souviens, quand nous sommes arrivés ici, il t’a dit être revenu à Pierrefeu juste à temps pour que nous le trouvions… Il se peut que ça n’ait rien d’un miracle. Ne te méprends pas, Nathan, j’ai immédiatement eu de l’affection pour Sébastien et j’espère sincèrement que je fais fausse route à son sujet.
-Sortons d’ici. Ce spectacle est morbide.» Marie-Anne jeta un dernier regard à Thérèse et se leva, pâlissant subitement. Elle détourna le visage pour que Nathan ne s’en aperçoive pas et marcha légèrement en retrait le temps de retrouver des couleurs.

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Publié dans L'ange pourpre

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