Quand Nathan gara la voiture le long...

Publié le par Sandrine

Quand Nathan gara la voiture le long de l’allée, il s’aperçut immédiatement que quelque chose n’allait pas. Dans la rue de ce quartier pourtant tranquille, les gens avaient tous allumé les lumières et se penchaient par les fenêtres.
Alors qu’ils ouvraient les portières, un coup de feu claqua. «- Jacques!» S’exclama Nathan en se précipitant sur la porte d’entrée, arme au poing. Marie-Anne s’élança à sa suite sans réfléchir. Sentant sa présence dans son dos, Nathan la plaqua contre le mur et lui intima d’un geste l’ordre de ne pas bouger. D’un grand coup de pied, il enfonça la porte. Carine, debout devant le corps de Jacques, le regardait fixement, paraissant ne pas comprendre ce qui arrivait à son mari étendu dans une mare de sang, pas plus que ce que cette arme faisait dans sa main.
«- Carine… L’appela doucement Marie-Anne. Elle leva vers elle un regard éperdu de peur et de douleur.
-Ce n’est pas moi… Ce n’est pas moi, Marie-Anne… Je n’ai pas pu faire ça…
-Pose cette arme. Tu risques de te blesser. Lui dit-elle calmement, s’avançant lentement vers Carine alors que Nathan tenait son revolver pointé sur elle.
-J’ai besoin de réfléchir…
-Je vais t’aider mais pose cette arme, je t’en prie.
-Il faut que je parte. Dit-elle d’une voix blanche en braquant le canon de son pistolet sur la jeune femme qui ne se trouvait plus qu’à deux mètres d’elle.
-Pour aller où?»Elle secoua la tête en souriant mystérieusement et son index commença à s’animer pour presser la détente. Nathan, qui ne la quittait pas des yeux, perçut son geste et tira. Blessée à l’épaule, elle cria et laissa tomber son arme. Marie-Anne se précipita sur le pistolet qu’elle ramassa et se releva. Face à Carine qui souriait toujours, elle perdit tout sang froid et la gifla violemment pour effacer de son visage ce rictus qui la rendait folle.
«- Tout ceci est ta faute… Commença-t-elle en se tenant la joue. Nous cherchions depuis longtemps où était le dragon qui avait été précipité sur le terre pour semer la terreur et égarer les hommes… Puis tu es apparue, tu t’es opposée à nous. Nous avons compris… Nous savons qui tu es ! Mais tes jours sont comptés. Bientôt, tu ne seras plus qu’un souvenir…
-Qui? Lui demanda-t-elle durement en la prenant aux épaules.
-Le Juste, l’Unique, l’Alpha et l’Oméga te précipitera dans l’Hadès. Tu paieras pour tes crimes. Elle tombera, la grande prostituée!
-Qui? Qui t’a inculqué ces inepties?
-Ils me l’avaient bien dit… C’était écrit depuis toujours. Ca y est, tu trembles et tu t’affoles! Elle éclata d’un rire dément. Il est trop tard, ton temps est écoulé, Marie-Anne.» Sans que rien ne le laisse présager, elle se jeta sur la table de la salle à manger où trônaient les reliefs du repas et s’empara d’un couteau qu’elle s’enfonça dans la poitrine jusqu’à la garde. «Non!» Hurla Marie-Anne, mais Nathan s’était déjà glissé auprès d’elle et l’entraînait hors de la pièce.
«- Elle savait ce qu’elle faisait!» Martela-t-elle comme pour s’en persuader elle-même. Nathan la prit contre lui le temps qu’elle se calme et retrouve ses esprits. «Les enfants… Murmura-t-elle après quelques minutes. Où sont les enfants?» Nathan l’écarta doucement et planta son regard dans le sien. Rassuré, il constata qu’elle avait repris le contrôle d’elle-même.
«- Je vais voir à l’étage. Lui dit-il.
Je viens avec toi.» Comprenant qu’elle redoutait bien plus de se retrouver seule que l’horreur de ce qu’ils risquaient de découvrir, il acquiesça silencieusement et lui prit la main. En haut de l’escalier, Jo et sa femme gisaient, une balle dans la tête. Après un court arrêt, ils poursuivirent leur chemin. Les portes des chambres étaient ouvertes et ils retenaient leur souffle avant d’entrer dans chacune, sachant ce qu’ils ne manqueraient pas de voir. Ce fut dans la troisième chambre que l’indicible leur apparut dans toute son atrocité. Les trois petits corps allongés en travers du lit reposaient dans les draps pourpres du sang qu’ils avaient absorbé. Il suffit à Nathan de voir leurs yeux vides grands ouverts sur le néant pour comprendre qu’il n’y avait plus rien à tenter pour ces trois malheureux. D’autorité, il prit le bras de Marie-Anne et la conduisit fermement hors de la maison.

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Publié dans L'ange pourpre

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