Tu es bien pensive…

Publié le par Sandrine

-Tu es bien pensive… Tu n’es pas trop fatiguée, toi aussi?
-Je suis enceinte, Nathan, ce n’est pas une maladie. Lui répondit-elle dans un sourire. Je pensais à l’attitude de Jacques envers Edouard… J’ai du mal à m’expliquer cette animosité.
-Si tu veux mon avis, il ne se l’explique pas davantage. Sa simple vue l’horripile.
-C’est exact. L’approuva Jacques en déposant des cafés devant eux. Dans le fond, je n’ai rien à lui reprocher mais je ne le supporte tout simplement pas, j’ai beau me promettre que je vais le prendre avec plus de calme, j’ai les nerfs en pelote dès qu’il apparaît.
-Il va quand même falloir prendre sur vous et faire un effort de courtoisie à son égard.
-C’est un brave homme. Le sermonna le lieutenant en entrant dans le bureau.
-Qu’avez-vous obtenu? Lui demanda Nathan pour détourner la conversation qui promettait de devenir épineuse pour son malheureux collègue qui ne s’attendait pas à l’arrivée du lieutenant au beau milieu de cette confession spontanée et qui allait sans aucun doute la lui faire amèrement regretter.
-Je me suis fait envoyer sur les roses, si vous voulez vraiment tout savoir!
-Et plus précisément? Insista la jeune femme.
-On m’a vertement répondu que les services concernés n’étaient pas tombés de la dernière pluie et que le lien avec les événements de cet été avaient été fait depuis belle lurette et que la protection des centrales atomiques était non seulement une priorité militaire permanente mais qu’en outre j’étais prié de cesser de m’en soucier et de rester à ma place!
-En d’autres termes? Lui demanda Nathan qui connaissait déjà la réponse à cette question.
-En d’autres termes, ils ne saluent pas notre initiative et nous sommes priés de nous conformer aux ordres.
-Quels sont-ils?
-J’aimerais bien le savoir! Gronda-t-il, révolté à l’idée de l’humiliation qu’il venait de subir. Officiellement, rester vigilants et encadrer toute nouvelle manifestation imprévue.
-C’est un peu léger. Commenta la jeune femme.
-Je dois être un peu obtus, mais en clair, que fait-on? L’interrogea Jacques.
-Rien. Maugréa-t-il. Rentrez chez vous et attendez qu’on vous appelle. Répliqua sèchement le lieutenant qui désapprouvait visiblement l’ordre qu’il venait de transmettre. Jacques et Nathan se regardèrent pendant quelques instants en silence, accablés par cette révélation brutale.
-Je ne laisserai pas tomber comme ça! Se rebella Marie-Anne en se levant d’un bond.
-Ca n’engage que vous mais restez prudente.
-N’ont-ils donc pas compris qu’il y a un danger réel et imminent? Reprit-elle avec fougue.
-A mon avis si et ils sont désarmés, c’est pourquoi ils ne tiennent pas franchement à ce que nous mettions le nez dans leurs affaires. Lui répondit Nathan, aigri de n’être pas pris au sérieux.
-Je vais considérer que cette réflexion a été faite dans le cadre d’une conversation privée et faire somme si je n’avais rien entendu.» Le prévint le lieutenant. Malgré son teint gris dû à des nuits d’insomnies trop nombreuses et ses traits tirés par la fatigue, il émanait toujours de sa personne une impression de force et d’autorité qui n’ouvrait guère la voie aux contestations.

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Publié dans L'ange pourpre

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