Une nouvelle caissière

Publié le par Sandrine

Pendant quelques jours, Alain ne réapparut pas. Je ne voulais pas lui parler de tout cela par téléphone. Je décidais donc d’attendre. Il serait bien obligé de réapparaître tôt ou tard. J’avais eu une longue conversation avec Jean-Michel et Patricia pour leur faire part de mes découvertes. Jean-Michel fulminait. Patricia, trop préoccupée par des problèmes de santé qui allaient lui valoir une longue hospitalisation quelques jours plus tard, ce qui est pour le moins compréhensible, m’assura de sa confiance et de son soutien. Hélas pour Jean-Michel et moi, cette absence allait créer une faille. Une nouvelle caissière allait prendre la place de Patricia et permettre à Alain d’avoir tout le loisir de nous éviter. Tant et si bien du reste qu’il se passera plusieurs semaines avant que je ne le revoie.

Nadine, la nouvelle caissière, était une petite brune un peu ronde, souriante et affable. Jean-Michel la prit immédiatement en grippe. Quant à moi, je m’amusais de la voir rougir à chaque fois qu’elle tentait de se faire le relais d’Alain pour me faire passer un message. Elle avait un peu de mal à s’adapter aux différentes tâches à accomplir et nombreuses étaient ses erreurs. Quelques jours après son arrivée, elle me mentait pour la première fois. Ô certes, ce n’était pas grand-chose et cela ne me concernait pas franchement, mais j’étais sans doute le seul à savoir comment fonctionnaient les caméras de surveillance et je n’ai pas mis longtemps avant de la percer à jour. Elle m’avait assuré que la veille, Alain avait fait le quart de l’après-midi. Cependant, à la façon dont la fermeture avait été faite, j’étais certain que ce n’était pas le cas. J’ai donc visionné les caméras et je me suis aperçu que Nadine avait travaillé quatorze heures sans interruption. C’était révélateur de son besoin de travailler. Nul doute que quoi qu’il arrive, elle ne pouvait se passer de ce revenu et qu’elle ferait tout pour le conserver. Je n’approuvais pas, mais je comprenais. Je n’avais d’ailleurs aucune intention de la mêler à cette histoire et si elle en a su quelque chose, c’est uniquement ce qu’Alain et Françoise ont cru bon de devoir lui dire. Et ils n’eurent pas d’autre choix que de lui livrer quelques explications.

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