Une nouvelle venue

Publié le par Sandrine

Je n’étais pas au bout de mes déconvenues. Pour être parfaitement honnête envers vous, il convient de préciser que ma compagne était une amie d’Alain, mon patron, qu’ils s’étaient rencontrés à son acquisition de la station et qu’elle avait pris l’habitude de venir y boire un café avant d’aller ouvrir le fruits et légumes qu’elle avait créé. Elle connaissait donc toute l’histoire, tant de la station que des caissiers qui s’y étaient succédés. Pour pousser l’honnêteté jusqu’au bout, je préciserai que l’une des caissières avec qui je travaillais alors depuis un an n’était autre que sa sœur. Il y avait une véritable ressemblance physique, mais leurs caractères, eux, étaient diamétralement opposés. Le troisième caissier, quant à lui, était présent depuis deux ans. C’est une personnalité ambivalente. Le genre de personne que vous pouvez aimer ou haïr en moins de quelques minutes sans trop savoir pourquoi il a changé d’attitude à ce point. Je l’apprendrai beaucoup, beaucoup plus tard et il deviendra un véritable ami. Tout cela pour vous dire que notre petite équipe, bon gré, mal gré, ne fonctionnait pas si mal et que cette relative entente allait nous aider à surmonter la tempête qui se profilait et qui menaçait de nous détruire tous autant que nous étions.
Durant mes vacances, il avait bien fallu trouver quelqu’un pour me remplacer. Une caissière de l’autre station que possédait Alain avait donc été affectée partiellement à la station. J’ai fait sa connaissance quelques jours après avoir été convoqué par Alain au sujet de la visite mystère. Elle m’a rapidement salué et est entrée dans le bureau dont elle a fermé la porte. Elle en est ressortie quelques minutes plus tard, avec les caisses. Je n’en revenais pas : elle avait les clés du coffre et se chargeait des remises en banque. C’était une jeune femme à peine majeure, au visage enfantin, brune et relativement menue. Mais il y avait quelque chose de dur dans ce visage qui me faisait face. « C’est vous, Eric…. Je vous préviens, dorénavant, c’est moi qui ferais les horaires du matin. » Elle attendit quelques secondes de voir ma réaction, ce qui ne se produisit pas. Époustouflée par son culot, je demeurais impassible. Puis je haussais les épaules, décidant de ne pas me soucier de l’attitude d’une jeune femme un peu trop ambitieuse à qui l’on avait certainement laissé miroiter ce qu’elle voulait pourvu qu’elle accepte de bouleverser ses habitudes de travail pour me remplacer au débotté. Ce n’était finalement rien de bien méchant.

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Heol 25/10/2014 13:04

J'aime bien le style. L'ambiance du travail est important pour y prendre plaisir.

Un job d'enfer! 18/07/2014 10:32

L'esprit humain est tortueux.... On ne sait finalement jamais vraiment pourquoi les gens vous prennent de haut. Et dans le fond, une fois qu'on a compris qu'on ne peut pas être aimé de tous... On se sent libéré!
Bises, ma belle!

Vénusia 18/07/2014 06:41

ha mais pourquoi être désagréable avec des gens, qui somme toute, gagnent aussi leur""pain"?
je n'ai jamais compris cette attitude hautaine que certains prennent avec leur collègue, et c'est trop souvent le cas.
bonne journée.
ps, pour un ""non "écrivain""je te trouve très prolifique et j'aime bien.
:-))