Ca suffit, maintenant ! Leur hurla-t-il.

Publié le par Sandrine

« -Ca suffit, maintenant ! Leur hurla-t-il. Je vous donne cinq minutes pour quitter les lieux, après quoi j’appelle la police ! Ce que vous êtes en train de faire s’appelle une violation de propriété, messieurs dames. Sortez de chez moi !
-Ne les provoquez pas, il n’en sortira rien de bon. Lui conseilla Edouard. A peine eût-il fini sa phrase qu’une pierre le frappa au front. Il porta la main à sa tête et la contempla, hébété. Elle était pleine de sang. Son arcade sourcilière avait éclaté.
-Entrez vite ! Lui dit le propriétaire en le tirant par le bras à l’intérieur. Il semblait fou de rage. Il ouvrit un placard situé derrière le battant de la porte et en sortit un fusil. Edouard n’eut pas le temps de le retenir ou de protester qu’il épaulait déjà son arme. Il visa très haut au-dessus du groupe et tira. Une femme cria. Edouard le tira par le col et ferma la porte.
-Mais qu’est-ce qui vous prend ?
-Je voulais les effrayer. Ils deviennent dangereux.
-Vous aussi. Rangez ça et appelez la police. Penaud, il se rendit à la raison et remit son arme dans le placard.
-Venez. Je vais essayer de soigner ça.
-Mettez-y un simple pansement. Ca saigne beaucoup mais ce n’est rien. Il soupira en voyant sa chemise bleue souillée.
-Asseyez-vous dans la cuisine. Je vais chercher la trousse à pharmacie. Un technicien de Chanel One lui présenta une chaise. Il sortit un mouchoir en papier de sa poche et fit pression sur la plaie pour arrêter le saignement.
-On m’aurait dit que ça prendrait cette tournure, je n’y aurais jamais cru. Dit-il, écoeuré.
-C’est ce que j’essayais d’expliquer à monsieur Gaylord… Un abruti isolé, ce n’est rien, mais sitôt qu’ils se regroupent, cela devient dangereux. Et je ne connais rien d’aussi fédérateur que la télévision.
-Il m’a pourtant l’air raisonnable…
-Il l’est autant qu’il le peut. Mais il a perdu la maîtrise des évènements. D’ailleurs, il faut que j’aille le rejoindre. Lui et le Père Lavergny doivent se lasser de croupir dans leur cellule.
-Une minute ! Le retint le propriétaire. Il lui posa une main sur l’épaule pour l’empêcher de se lever et s’affaira quelques instants sur sa plaie.
-Avez-vous téléphoné aux forces de l’ordre ?
-Oui. Ils devraient être ici dans moins d’un quart d’heure. Mon Dieu ! Quelle histoire…
-Vous y croyez à vos fantômes, vous ? L’interrogea Edouard à brûle pourpoint.
-Je n’aime pas beaucoup cette idée, mais tout ce que j’ai dit est vrai… J’aimerais vous faire plaisir, mais je ne peux pas nier ce que j’ai vécu ici.
-Je ne vous demande pas de mentir. Allons rejoindre nos amis. Nous devons leur manquer.
-Mais que vous est-il arrivé ? Lui demanda le prêtre en le voyant.
-Je crois que je viens d’échapper de justesse à une lapidation en règle… Là n’est pas le problème. Alors qu’avez-vous entendu ou capté ?
-Rien ! Lui dit le prêtre. L’enregistreur numérique ne s’est pas déclenché et le talkie walkie pas davantage.
-Bon, il valait mieux vérifier. C’est une piste d’écartée, c’est déjà ça.
-J’ai à nouveau examiné le fer… Il est parfaitement anodin. Pour autant qu’il puisse l’être… Observa le prêtre. Edouard soupira.
-Monsieur Gaylord, accepteriez-vous de passer une nuit dans le laboratoire de l’université ? Cette demande lui coûtait visiblement.
-Si ça se reproduisait, ce serait alors incontestable, c’est bien ça ? Lui répondit Henry, provoquant.
-Nous pourrions y maîtriser autant le matériel que l’environnement… Oui, ce serait incontestable. Admit-il de mauvaise grâce.
-Vous savez pertinemment que ce type de chose ne se déclenche pas sur commande…
-Je ne suis pas là pour vous piéger, je suis là pour comprendre. Acceptez, je vous en prie. Nous pourrions réitérer l’expérience deux ou trois fois en cas d’échec…
-Vous avez conscience des risques que vous me demandez de prendre ?
-Oui. Mais vous n’avez pas vraiment d’alternative et vous le savez.
-Il faut que je recueille l’avis de mes collègues. Nous sommes une équipe…
-Parfait. Quand aurais-je votre réponse ?
-Je vais leur exposer votre proposition immédiatement. Mon Père, viendriez-vous avec nous ?
-Oui, bien sûr, je suis curieux de nature. Mais je ne vois pas en quoi je pourrais vous être utile…
-Pas à moi, mon Père, à Karl… Il est très perturbé. Et c’est surtout pour qu’il ne perde pas la raison que je vais tenter de les convaincre Denis et lui d’accepter la proposition de monsieur Rajax. Karl est comme un frère pour moi…
-Je veillerai sur lui. Mais rendez vous bien compte que je ne suis pas exorciste. En cas de problème, je ne serais peut-être pas l’homme de la situation…
-Je ne crois pas à tout cela. Il vous fait confiance et votre présence l’apaise. C’est la seule chose qui compte.
-Bien. Je vous laisse leur parler.
-Merci. »

Lire la suite: Les policiers discutaient avec le propriétaire...

Publié dans Le règne des ombres

Commenter cet article