Edouard écouta calmement le récit du Père Lavergny.

Publié le par Sandrine

Edouard écouta calmement le récit du Père Lavergny. Il avait croisé ses jambes et se balançait légèrement dans son fauteuil, puis il lui répondit :
« -Mon Père, vous portez des accusations graves contre mademoiselle Hengel. Avez-vous seulement des preuves de ce que vous avancez ? Je sais bien que ces temps-ci tout est incertain, mais comprenez que je ne me résolve toujours pas à vous croire sur parole.
-J’ai demandé à mes collaborateurs de vous envoyer par fax copie des documents qu’ils ont obtenu.
-Je n’ai rien reçu… Non. Je vous arrête tout de suite, mademoiselle Hengel n’était pas ici cet après-midi. Elle a dû s’absenter quelques jours pour raison familiale.
-Mais enfin, je viens de vous expliquer que cette jeune femme n’a pas de famille… Pour les documents, je n’ai qu’à passer un coup de fil et ils vous seront renvoyés… Le problème n’est pas là.
- Que savez-vous d’elle ? L’interrogea Henry.
-A vrai dire, peu de choses… Discrète, travailleuse acharnée, elle n’as pas jugé bon de s’épancher.
-Savez-vous où elle est partie ?
-Non. Je n’ai pas pour habitude de pister mes collaborateurs.
-S’absente-t-elle souvent ?
-Non. Pas plus d’une fois par an.
-Sur quoi travaille-t-elle en ce moment ?
-Elle s’est prise de passion pour votre dossier.
-Et qu’est-ce qu’il ressort de son analyse ?
-J’aurais son rapport à son retour.
-Vous ne suivez pas son travail ? S’étonna le Père Lavergny.
-Eva est parfaitement autonome.
-Ecoutez, je comprends que vous l’appréciez, mais il faut vraiment que nous en apprenions plus à son sujet.
-Je ne peux vous dire que ce que je sais. Et le fait est que je ne sais rien. On frappa à la porte. C’était la secrétaire du laboratoire.
-Monsieur Rajax, excusez-moi de vous déranger mais des documents viennent de me parvenir. Je suppose que vous souhaitez en prendre connaissance maintenant ?
-Oui. Merci. La secrétaire avait l’air embarrassée.
-Et puis… J’ai également reçu un fax de Mademoiselle Hengel…
-Que dit-il ?
-Elle vous présente sa démission.
-Pardon ? Faites-moi voir ça. Le document ne comportait que quelques lignes. Il n’expliquait pas les raisons de cette décision soudaine. Vous a-t-elle dit quelque chose de particulier avant son départ ?
-Non.
-Avez-vous le double des clés de son bureau ?
-Je vous les amène immédiatement.
-Ils n’ont pas dû être bien discrets, vos enquêteurs ! Fit-il remarquer à Lavergny.
-Si elle a fui, c’est bien qu’elle a quelque chose à se reprocher. Répliqua-t-il, buté.
-Vous dites que vous ne savez pas où elle est partie, le numéro du fax qu’elle vient de vous envoyer pourrait nous renseigner sur ce point… Remarqua Denis.
-Exact. Edouard lança une recherche Internet. Louxor… Elle est à Louxor, en Egypte !
-Il y a une université de zététique, là-bas ? Demanda Henry, interloqué.
-Il ne me semble pas. Il est vrai que je ne vois pas le rapport entre l’Egypte et ses travaux…
-Et bien moi, je le vois ! Si je ne m’abuse, Louxor est une nécropole… Lui expliqua Lavergny.
-Oui… Et ?
-Il faut que nous allions sur place.
-Mais enfin, mon Père, vous savez que nous avons des obligations… Protesta Denis.
-C’est en allant là-bas que vous les remplirez. J’en suis persuadé.
-Et qu’est-ce qui vous permet d’être aussi affirmatif ? Lui demanda Henry, sceptique.
-Mes souvenirs de théologie ! Vous ne le soupçonnez sans doute pas, mais nous étudions toutes les religions qui existent ou ont existé. Certains ont trouvé que le trio Râ, Isis et Osiris ressemblaient étrangement à la Sainte Trinité et beaucoup de théories ont circulé à ce sujet. Mais là n’est pas l’essentiel. Grâce aux découvertes faites par les archéologues dans les tombeaux, un certain « livre des morts » a été mis au jour. En outre, il faut savoir que là-bas se trouve le temple funéraire de Ramsès deux. Temple qui deux fois par an laisse passer un rai de lumière qui vient frapper la statue du défunt pharaon en plein visage. Cette lumière aurait pour vertu de le régénérer, lui et son pouvoir divin. Or, la date de l’anniversaire de Ramsès, date à laquelle ce phénomène devrait se produire tombe…. Demain ! Comprenez-vous, mon fils, où je veux en venir ? Interrogea-t-il Henry.
-Je crois que oui. Mais c’est encore plus dément que le reste.
-Il n’y a pas de légende sans fondement. Monsieur Rajax, nous devons y aller. Merci encore de votre aide. » Lui dit Lavergny en se levant.

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Publié dans Le règne des ombres

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