Emmanuel se sentait soulagé.

Publié le par Sandrine

Emmanuel se sentait soulagé. Il avait hâte d’expliquer à Solange qu’elle n’avait rien à craindre et que tout s’était passé à merveille. Il n’en eut pas l’occasion. Lorsqu’il poussa la porte d’entrée, il découvrit un homme assis dans le canapé devant une tasse de café. Il devait avoir quarante ans. De taille et de corpulence moyenne, châtain aux yeux bruns, il n’avait rien de significatif. Et pourtant, Emmanuel se méfia de lui instantanément.
« -Chéri, je te présente Monsieur Aubert. Il travaille pour Bloogle.
-Je suis ravi de vous rencontrer, Monsieur Delponte. Nous avons beaucoup parlé de vous, ces temps-ci.
-Enchanté. Lui répondit Emmanuel en serrant la main osseuse qui lui était présentée.
-Je viens vous faire une proposition…
-Ecoutez, ne vous offusquez pas, mais j’ai eu une journée un peu chargée et j’ai déjà dit à votre collègue que…
-Non. Il n’est pas question de cela. Soyons clairs, nous savons que vous avez décrypté l’algorithme. J’ai ici un contrat et un chèque. Si vous vous engagez à cesser toute activité en relation avec le référencement et à garder le secret, nous vous offrons 500 000 euros. Emmanuel s’assit.
-Et de quoi vivrais-je ?
-C’est évidemment négociable…
-Je ne peux pas accepter.
-Expliquez-moi ce qui vous retient, nous trouverons une solution…
-Je ne peux pas accepter parce que vous ne vous adressez pas à la bonne personne… Je ne fais qu’utiliser la méthode mise au point par un autre.
-Pourtant, vous êtes le seul à l’utiliser…
-Pour l’instant. J’imagine qu’il m’en a donné la primeur, mais je ne sais pas combien de temps ça va durer.
-C’est ennuyeux, Monsieur Delponte. Le visage de l’homme s’était rembruni.
-J’entends bien, mais c’est ainsi.
-Et qui est l’heureux découvreur ?
-Je ne peux pas dévoiler son identité, c’est une question de loyauté.
-Evidemment, nous lui ferons la même offre et vous ne seriez pas oublié…
-C’est impossible. Il n’est pas en mesure de signer quelque document que ce soit.
-Allons, allons, si c’est une manière de décliner mon offre…
-Non, c’est la stricte vérité. L’homme posa délicatement sa tasse vide.
-Monsieur Delponte, vous niez l’évidence… Mais enfin que ce soit vous ou un tiers, vous gagneriez à coopérer, je vous l’assure.
-Je ne peux pas.
-Ecoutez, vous savez que Bloogle est une grande famille. Nous avons pour habitude de nous soutenir les uns les autres… Nous croyons savoir que vous avez beaucoup de problèmes, ces temps-ci, nous pourrions vous aider… Par contre, si vous nous refusez votre aide, nous pourrions évidemment aller la proposer à vos adversaires. Je crois que vous sortez du commissariat… Emmanuel éclata de rire.
-On peut dire que vous avez le sens de l’humour. J’avais justement hâte d’expliquer à ma femme que tout s’était réglé à notre avantage…
-Rien n’est jamais définitif, Monsieur Delponte.
-Il est au moins une chose qui l’est : mon refus de céder à un chantage quel qu’il soit. Allez donc plutôt expliquer à votre patron que rien n’est définitif et Bloogle pas plus qu’autre chose, il devrait apprécier.
-Il est toujours imprudent de s’en prendre à plus fort que soi. Surtout quand on a un petit garçon à protéger.
-Sortez !
-Réfléchissez, ce n’est qu’une question d’argent…
-Non, c’est une question de principe.
-Vous devriez en parler avec votre épouse, elle a sans doute une opinion à exprimer.
-Monsieur, mon mari vous l’a dit : cette découverte n’est pas la nôtre. Nous ne pouvons nous engager.
-Vous faites une énorme bêtise ! » Leur répondit-il d’un air de regret. Solange et Emmanuel discutèrent jusque tard dans la nuit. Mais quels que soient les doutes qui surgirent au cours de cette conversation, ils furent balayés un à un. Seule demeurait la nécessité de protéger Sacha.

Lire la suite: Le lendemain, Solange trouva un courrier émanant de l’académie.

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