Sitôt renté, Sacha se précipita dans sa chambre.

Publié le par Sandrine

Sitôt renté, Sacha se précipita dans sa chambre. Il en ressortit en tenant Bibou, son ours en peluche, serré contre lui. Il s’installa dans le canapé et fixa le sol, silencieux.
« -Sacha, il ne s’est rien passé de bien méchant. Ne pense plus à cette histoire. Elle ne concerne que les grandes personnes.
-Je n’ai pas menti. Murmura-t-il.
-Ca, nous le savons tous. Nous te faisons confiance. Mais fais-nous aussi confiance, c’est un problème qui doit se régler entre adultes.
-Quel problème ? L’interrogea Solange en entrant dans le salon.
-Le père de l’un des enfants qui a agressé Sacha a essayé de le prendre à parti pour obtenir des excuses. Je l’ai remis en place. Il n’y a rien de grave, Solange. Emmanuel parut dans l’embrasure de la porte. Il avait la mâchoire crispée et ses yeux luisaient de colère.
-Il va vous faire des ennuis… Dit Sacha à sa mère.
- Et que veux-tu qu’il fasse ? L’interrogea Claire.
-Je ne sais pas mais… Un étau glacé serrait la gorge du petit garçon à présent au bord des larmes.
-Il ne peut rien faire, Sacha. Il a essayé de t’impressionner et ça n’a pas fonctionné. C’est un idiot, tout simplement. Il a eu l’air tellement ridicule sur la plage qu’il n’y reviendra plus. Et nous, nous retournerons tranquillement nous baigner.
-Oui, mais à cause de moi…
- Claire a raison, il ne se passera rien du tout. Tu n’as rien fait de mal. » L’interrompit Solange. La sonnette retentit. Emmanuel ouvrit la porte. Aussitôt, Sacha reconnut le père de Maxime. Emmanuel ne le fit pas entrer.
« -Bonjour Monsieur Delponte. Je suis Monsieur Lambertin, le père de Maxime. Je suis venu vous dire en face que j’ai déposé plainte contre vous. J’ai laissé une chance à votre fils d’arranger les choses mais je me suis fait insulter publiquement par cette furie. Dit-il en désignant Claire de son gros index. Qu’il y ait une dispute entre enfants, je peux le comprendre. Que mon fils subisse une sanction injuste, passe encore. Que je sois convoqué à la gendarmerie, je vous avoue que ça commence à me taper sur les nerfs. Mais qu’en outre je sois insulté publiquement, il ne faut pas exagérer. Je sors à l’instant de la gendarmerie et je vous garantis que ça n’en restera pas là. Annonça-t-il d’un ton satisfait.
-De quel droit vous présentez-vous chez moi pour me menacer ? Rugit Emmanuel.
-Je ne vous menace pas, je venais vous dire en f ace que j’avais porté plainte.
-Dehors ! Hurla-t-il en claquant la porte si fort que les vitres tremblèrent.
-Papa… Commença Sacha, désespéré et effrayé.
-Tout va bien, Sacha. Tout va bien. Lui dit-il. Ce type est un fou prétentieux. Il n’y a pas moyen de discuter avec ce genre de personne. La sonnette retenti à nouveau. Emmanuel rouvrit la porte, prêt à en découdre. Il eut un sursaut de surprise en découvrant deux gendarmes dont celui qui avait refusé de prendre sa plainte.
« -Monsieur Delponte, il faut que nous parlions.
-Entrez. Leur dit Solange tandis que Claire accompagnait Sacha dans sa chambre.
-Vous faites l’objet d’une plainte pour dénonciation calomnieuse. Quant à votre belle-sœur, Monsieur Lambertin a déposé plainte contre elle pour injure publique. Emmanuel l’écouta calmement et hocha la tête.
-Excusez-moi, mais si je me souviens bien, je n’ai pas déposé plainte, il ne peut donc y avoir de dénonciation calomnieuse.
-C’est plus compliqué que ça. Vous avez effectivement demandé des sanctions à l’académie, c’est une dénonciation à une autorité capable de prendre des sanctions. Monsieur Lambertin est donc fondé à agir.
-Mais je n’ai fait que dire la vérité. Il n’y a rien de calomnieux là-dedans ! Protesta-t-il. Le gendarme l’interrompit d’un geste de la main.
-Quant à Madame Bruno, votre belle sœur, Monsieur Lambertin s’est présenté à la gendarmerie accompagné de trois témoins qui attestent qu’elle l’a insulté.
-Je connais bien ma belle sœur, elle n’a jamais prononcé une vulgarité en ma présence.
-Et « t’as pas fini de jouer les forts en gueule, gros lard ! », ce n’est pas une insulte, selon vous ? Rétorqua le second gendarme.
-J’ai effectivement dit qu’il jouait les forts en gueule, mais je n’ai pas traité ce monsieur de « gros lard ». Précisa Claire en pénétrant dans le salon.
-Je suis navré, Madame Bruno, mais j’ai trois témoins qui affirment l’inverse. Je suppose que vous n’avez aucune preuve du contraire ?
-Vous n’allez tout de même pas donner une suite à une histoire aussi ridicule ? Lui répondit-elle dans un sourire ironique. Le gendarme opina.
- Hélas, si. Monsieur Lambertin est le premier adjoint du maire. Il ne peut pas accepter ce type de comportement. Vous devriez vous rapprocher d’un avocat. Tant vous, Monsieur Delponte, que vous, Madame Bruno. Je suis passé vous voir par courtoisie mais il faut que vous passiez demain à dix heures pour que je prenne vos dépositions.
-Nous y serons. » Lui assura Emmanuel.

Lire la suite: John souriait.

Commenter cet article