Vous voulez dire que tous deux...

Publié le par Sandrine

-Vous voulez dire que tous deux vivaient maritalement dans ces meubles ? Le maire approuva gravement. Imaginez une minute à quel point ces lieux, cette table, ce tapis, peuvent être encore chargés émotionnellement… C’est fascinant. Mais quelque chose m’interpelle…. Monsieur le Maire, êtes-vous bien certain de nous dire la vérité ? L’interrogea-t-il, soudain soupçonneux.
-Oui, bien évidemment… Bredouilla-t-il, surpris de voir sa parole brusquement mise en doute.
-Alors comment pouvez-vous expliquer qu’il n’y ait pas un grain de poussière ici ?
-J’ai dit qu’il n’y avait pas eu d’occupation illégale des lieux, je n’ai pas dit que personne ne venait jamais. La personne chargée de l’entretien du cimetière vient également prendre soin du presbytère.
-Et il ne lui est rien arrivé ?
-Il sent parfois un parfum de femme, mais à part cela, rien. Il faut croire que seuls les prêtres sont concernés par cette hantise.
-Bien, venez avec nous et faites-nous découvrir le bâtiment.
-Donc nous sommes dans le salon. Juste à côté nous avons la cuisine. Derrière le rideau se trouve un escalier qui descend à la cave….
-Prends la caméra et viens avec nous, Denis. Venez, Monsieur le Maire. Ils pénétrèrent dans une petite cuisine qui comme le salon était très modestement meublée. Un placard dans lequel se trouvait encore de la vaisselle, une table, quatre chaises de bois, un poêle à bois en fonte, un évier en grès, ce n’était vraiment pas luxueux. Des rideaux blancs masquaient la fenêtre qui faisait face à l’évier. Les murs blancs avaient un peu jauni avec le temps. Henry souleva le rideau marron qui dissimulait les escaliers.
-Attention de ne pas tomber, il est plutôt raide et étroit. Prévint-il. Comme toujours, il passa en premier. Il déboucha dans une pièce sans éclairage. Sur le sol de terre battue, à côté de l’entrée, se trouvait une mauvaise caisse de bois sur laquelle se tenait un bougeoir. Une bougie larmoyante, à demie consumée, y était encore fichée. Les murs de la cave étaient couverts d’étagères métalliques toutes remplies de bouteilles. Henry en prit une au hasard, en essuya la poussière du revers de sa manche et la présenta à la caméra.
-Il semblerait que les prêtres avaient bon goût. Remarqua-t-il. Mais pas une bouteille ne semble manquer. Tout laisse à croire qu’ils n’avaient pas le cœur à boire. Remontons et voyons ce qui se trouve à l’étage. Installé au fond du salon, un escalier menait au niveau supérieur. Il donnait sur un étroit couloir aux murs de pierre. Les marches de bois craquaient sous le poids des hommes qui l’empruntaient. Il desservait deux chambres, un bureau et une salle de bains. Dans chaque pièce, c’était le même dénuement. Le seul ornement des chambres et du bureau était un crucifix de bois. Les lits étaient faits, prêts à accueillir un hôte éventuel. Du linge de maison était soigneusement plié dans les armoires. Sur le bureau, du papier vierge attendait, ainsi qu’une plume et un encrier, que quelqu’un s’y installe pour travailler.
-Pourquoi y a-t-il deux chambres. Demanda Henry au maire.
-Tout simplement pour offrir le gîte à tous ceux qui en auraient eu besoin.
-La jeune femme ne vivait donc pas ici ?
-Disons qu’elle n’était pas sensée le faire… A l’époque, il n’y avait quasiment pas d’étrangers qui venaient à Laminster.
-Et bien, je vous remercie de nous avoir fait part des informations dont vous disposiez. Il est à présent minuit moins cinq, je pense qu’il est temps de nous enfermer pour la nuit. Monsieur le Maire, acceptez-vous cette responsabilité ?
-Avec joie, mon ami.
-N’oubliez pas de venir nous libérer demain matin… Lui rappela Karl.
-N’ayez crainte, je serai là dès le lever du soleil. Le maire sortit. Ils étaient à présent tous les trois.

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Publié dans Le règne des ombres

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TooTsie22 31/08/2014 18:37

les bouteilles sur les étagères je sais bien ce qu'elles contenaient encore ... un bon vieux vin de messe qui s'était bonifié en vieillissant... moi, pour bien dormir j'en aurais bien bu un petit coup ( il ne me faut pas grand chose pour être pompette) et hop au dodo