Elise était stupéfaite...

Publié le par Sandrine

Elise était stupéfaite, après quatre jours d’enchères, Boubou avait atteint les cent euros. Elle ne comprenait pas comment on pouvait lui trouver un attrait quelconque. Néanmoins, ce fut avec une sorte de joie mauvaise qu’elle prépara le colis que François irait poster le jour même. Léo était en vacances et les préparatifs de Noël allaient bon train. Une effervescence joyeuse régnait. Elise attendait le facteur avec impatience. Il devait lui livrer les derniers cadeaux qu’elle avait commandés. Trois jours avant Noël, alors qu’elle était certaine de tous les avoir reçus, le facteur lui en délivra un autre. Elle ouvrit précautionneusement le colis… Et laissa échapper un cri de rage. Il contenait une enveloppe et l’affreux Boubou. Elise le maudit une nouvelle fois et ouvrit l’enveloppe. C’était une écriture ronde et féminine.
« Madame,
Je vous remercie de m’avoir livré si rapidement cet ours. Je ne vous en demande pas le remboursement. Il est en tous points conforme à la description de votre annonce. Cependant, je ne sais comment vous expliquer cela sans que vous ne me preniez pour une folle… Il était en tous points semblable à celui que ma fille, aujourd’hui adulte, a eu dans son enfance. Elle est actuellement hospitalisée pour des problèmes graves d’anorexie mentale. J’ai pensé que retrouver le nounours de son enfance l’aiderait à garder le moral. Elle a été folle de joie lorsque je le lui ai offert. Elle est alitée et l’a gardé contre elle pendant trois jours. Elle se remettait doucement… Mais aussitôt qu’elle est entrée en contact avec cette peluche, son état s’est à nouveau aggravé. Je ne suis pas mystique ni croyante. Mais j’ai déjà entendu parler de la mémoire des objets… Il paraîtrait qu’ils peuvent transmettre de bonnes ou de mauvaises ondes. Un peu comme une sorte de talisman. Ce nounours, à moins que je ne me trompe, est chargé de votre histoire familiale. C’est pourquoi j’ai jugé opportun de le retourner dans son foyer. Je vous souhaite de joyeuses fêtes, amicalement. »
Elise n’en croyait pas ses yeux. Il était désormais incontestable que Boubou, d’une façon ou d’une autre, nuisait à tous ceux qui avaient le malheur d’entrer en sa possession. Sa décision ne tarda pas à être prise. Elle se rendrait à l’Eglise dès cet après-midi et y déposerait le vieil ours. Là, au moins, il ne nuirait plus à personne.

Lire la suite: L’édifice religieux était désert.

Publié dans Boubou le maudit

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la nonna 08/09/2014 16:12

et bien apres bien des soucis, over blog est enfin opé....du coup je vais prendre le temps de lire, lentement.......bisous