Il était dix heures le lendemain quand on sonna à la porte.

Publié le par Sandrine

Il était dix heures le lendemain quand on sonna à la porte. Elise souriait à l’idée de raconter son méfait à Fiona. Elle ouvrit, sûre de son fait et demeura bouche bée, horrifiée. Elle se trouvait face à la commère qui lui avait raconté l’histoire des Alvis le jour du vide grenier. Tout sourire, elle lui tendait Boubou.
« -Bonjour, je connais un petit garçon qui va être très content de retrouver son copain… Je l’ai trouvé dans l’église, je me suis dit qu’il avait dû l’y oublier… Il a dû beaucoup lui manquer cette nuit, mais il neigeait tellement que j’ai dû attendre ce matin pour le lui ramener. Il a beaucoup de chance que je me sois souvenue que Madame Alvis le lui avait offert. Un vrai miracle de Noël. Elle s’interrompit et jeta un regard curieux à l’intérieur du chalet. Elise rougit jusqu’à la racine des cheveux. Elle eut la tentation de bredouiller un vague remerciement et de fermer la porte mais la correction la plus élémentaire la retint. Cette femme avait fait un réel effort pour faire plaisir à Léo. Elle se reprit rapidement et l’invita à entrer. Dans le hall, madame Jussieux cherchait toujours quelque chose du regard.
« -Non… Commença Elise en s’emparant de Boubou. Léo n’a pas oublié son nounours. Il a décidé qu’il était grand maintenant et a voulu l’offrir à Dieu. Je crois qu’il serait vexé que le bon Dieu n’en ait pas voulu. Elle mentait éhontément mais c’était tout ce qu’elle avait trouvé pour se séparer autant de Madame Jussieux que de l’ours.
-Je suis désolée, je ne savais pas… Bredouilla-t-elle, sincèrement gênée d’avoir commis un tel impair.
-Vous ne pouviez pas deviner. Voulez-vous une tasse de café ?
-Oh, volontiers, il gèle dehors. J’aurais bien ramené le nounours à l’église mais je pars dès cet après-midi pour passer Noël chez mon fils… Je crains de ne pas avoir le temps de le remettre où il était avant de prendre la route.
-Ne vous inquiétez pas. Je m’en chargerai moi-même. » Madame Jussieux discuta un moment puis s’éclipsa, laissant la place à Fiona.
« -Qu’est-ce qu’elle est venue faire ici, celle-là ? Demanda-t-elle à Elise. Elle lui montra le nounours.
-Je l’avais laissé à l’église mais elle l’a trouvé et me l’a ramené. Je ne sais pas si j’arriverais à m’en débarrasser. Quoi que je fasse, il revient toujours. Et je ne veux vraiment plus de ça chez moi.
-Les éboueurs passent demain… Tu sais donc quel sort lui est promis… Ca, c’est imparable !
-Je crois que je n’ai pas d’autre choix. Cejouet est une véritable plaie. » Sans attendre, elle fourra Boubou dans un sac poubelle et sortit pour le déposer dans le container. Fiona s’amusait de sa haine pour cet objet, mais elle admettait volontiers que Boubou faisait toujours l’objet de concours de circonstances extraordinaires.

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Publié dans Boubou le maudit

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