Il était plus de trois heures du matin

Publié le par Sandrine

Il était plus de trois heures du matin et François s’agitait toujours dans le lit. Elise remarqua sa respiration haletante. Elle porta sa main à son front, il était couvert de sueur. Elle se leva précipitamment et appela les urgences médicales. Elle retourna au chevet de François et alluma en entrant dans la pièce. Son visage était blême. Elle serra les dents. Il s’écoula près d’une demie heure avant que l’ambulance ne s’arrête devant le chalet. Alertée par le gyrophare, elle dévala les escaliers à toute vitesse pour accueillir le médecin. Totalement paniquée, elle lui expliqua la situation si rapidement qu’il dut lui demander de bien couloir répéter plus calmement. Il haussa un sourcil étonné et examina François. En bas, sur un ordre presque inaudible du médecin dans son talkie-walkie, un ambulancier téléphonait à la gendarmerie. Réveillé par toute cette agitation, Léo se précipita auprès de sa mère. Il se pressa silencieusement contre elle. L’heure n’était pas aux explications et malgré sa peur, il en avait pleinement conscience.
« -Honnêtement, vu ce que vous me racontez, la drogue ne peut pas causer un pareil malaise. A mon sens, votre époux avait déjà un problème cardiaque et ça n’a été qu’un révélateur. Nous allons l’emmener à l’hôpital pour savoir ce dont il souffre exactement.
-Puis-je vous accompagner ? Ma voisine s’occupera des enfants et…
-Je crois que vous allez avoir autre chose de plus urgent à régler. Votre mari est entre de bonnes mains, il ne risque rien. Vous pourrez le rejoindre ultérieurement. Elise déposa un baiser sur le front de François alors que les ambulanciers l’installaient sur un brancard. Elle les suivit jusqu’à la porte de la maison. Les gendarmes qui venaient d’arriver s’écartèrent pour laisser passer François allongé.
-Madame Martin ?
-Oui. Bonjour.
-Bonjour. Nous avons été appelés par le médecin. Il paraît que vous êtes en possession de quelque chose de très particulier… Elise hocha sombrement la tête.
-C’est sur la table du salon… Le plus jeune des deux gendarmes examina le paquet.
-Le scotch est très abîmé. Ca ne date pas d’hier.
-Où avez-vous trouvé ça ?
-Dans un ours en peluche.
-Puis-je le voir ? Elise rougit.
-C’est-à-dire… Qu’il n’en reste pas grand-chose… Il est dans la poubelle. Le gendarme la précéda dans la cuisine. Il déversa le contenu du sac en plastique noir sur la table et entreprit de trier son contenu.
-On peut dire que vous ne l’avez pas épargné, celui-là ! Remarqua-t-il, cynique. Elise s’effondra sur une chaise.
-Il ne nous a causé que des ennuis.
-Je veux bien le croire. Comment l’avez-vous eu ?
-Au vide grenier, il y a un peu plus de deux ans, Madame Alvis l’a offert à mon fils…
-Cocaïne ! S’exclama le jeune gendarme en rejoignant son collègue. On peut dire que vous ne faites pas dans la demie-mesure, vous ! Dit-il en s’adressant à Elise.
-Madame n’y est pour rien.
-C’est tout de même du recel de stupéfiant… Protesta-t-il.
-Pas si tu ignores que tu en disposes. Personne ne pouvait se douter d’une chose pareille. Regarde, tu as vu l’âge de cet ours ?
-Oui, mais ça ne veut rien dire…
-Oh, si, crois-moi ! Il y a un peu plus de sept ans, nous avons arrêté un petit malin qui pour plus de discrétion refourguait sa came dans des ours en peluche d’occasion au vu et au su de tous aux puces. Il nous a fallu un bon moment pour lui mettre la main dessus. Il faut croire qu’il s’est débarrassé de celui-là un peu précipitamment juste avant notre intervention. Tu peux me faire confiance, une saisie comme celle-là, je ne suis pas prêt de l’oublier. Madame Martin, vous pouvez aller rejoindre votre mari. Vous passerez à la gendarmerie tous les deux pour que nous prenions vos dépositions.
-Il faut que je prévienne…
-C’est fait ! Répliqua Fiona. Il y a de l’ambiance chez toi ! File, je m’occupe de tout. »

Lire la suite: François sortit quelques jours plus tard de l’hôpital.

Publié dans Boubou le maudit

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