Le ventre d’Elise commençait à s’arrondir.

Publié le par Sandrine

Le ventre d’Elise commençait à s’arrondir. Elle commençait son cinquième mois de grossesse. Elle ne cessait de pleurer sitôt qu’elle se retrouvait seule. Fiona venait tous les jours.
« -Il est en train de mourir… Dit Elise à son amie d’une voix blanche.
-Allons, allons. N’exagère pas. Il n’est pas au mieux, c’est certain, mais de là à imaginer le pire…
-Il reste des heures dans le canapé, les yeux grands ouverts, il joue tant qu’il a un peu de forces et retourne au canapé… Jour et nuit, c’est la même chose…
-Il n’a pourtant pas l’air malheureux. Il rit beaucoup… Nota Fiona.
-Oui, mais il n’a que la peau sur les os. Si je le force à manger, il vomit. Je ne sais plus quoi faire, Fiona. Dis-moi, combien de temps reste-t-il, à ton avis, avant que cette perte de poids ne lui soit fatale ? Fiona se leva d’un bond. Qu’est-ce qui te prends ? Lui demanda Elise, surprise.
-Va prévenir François pendant que je prépare les affaires de Léo. Conduisez-le à l’hôpital au lieu de vous morfondre. Au pire, vous serez rassurés.
-Mais les médecins n’ont rien trouvé…
-A l’hôpital, ils pourront pratiquer tout un tas d’examens que ne peuvent pas faire les médecins de ville. C’est l’affaire de quelques jours au pire. Va parler à ton mari. Il ne sert à rien de vous mettre dans des états pareils sans réagir. » Elise soupira et se rendit aux raisons de Fiona. Dès leur arrivée à l’hôpital, le médecin qui les reçut s’inquiéta du poids de Léo. Immédiatement, il programma tous les examens pouvant permettre de comprendre de quel mal il était atteint. Il décida également de le placer sous perfusion. Il fallait à tout prix qu’il reprenne rapidement du poids. Fiona avait pensé à tout sauf à une chose capitale lorsqu’elle avait préparé les affaires de Léo : Boubou. Il était resté assis sur le meuble de l’entrée alors que François démarrait. Léo était inconsolable. Il supporta tous les soins sans réagir, mais lorsqu’il s’aperçut de l’absence du nounours, il fit le premier caprice de sa vie. Pleurs, hurlements, coups, tout y passa. Elise et François étaient terrifiés devant ce petit garçon malingre et hystérique qui ressemblait si peu à leur enfant. Le personnel soignant décida de lui administrer un calmant. Au bout de quelques minutes, Léo finit par s’endormir. Mais il gémissait et s’agitait encore dans son sommeil.
« -S’il y tient tant que ça, je retourne le lui chercher… Proposa François.
-Non. Je t’en prie ne fais pas ça. Je hais cette chose. Depuis que Léo l’a eu, rien ne va plus. Si nous étions à la maison, je le brûlerais. Léo se remettra de la perte de cet ours. Il ne faut pas que nous cédions. Objectivement, ce n’est qu’un caprice et je refuse d’admettre ce type de comportement. D’autant plus que dans quelques temps nous aurons deux enfants à gérer.
-Tu n’as pas tort. Peut-être l’avons-nous un peu trop gâté… »

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Publié dans Boubou le maudit

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