Asseyez-vous. J’ai face à moi deux hommes valides.

Publié le par Sandrine

« -Asseyez-vous. J’ai face à moi deux hommes valides. J’hésitais encore sur celui à qui j’allais faire appel. En contestant mon autorité, vous venez de vous désigner, Claude. Remontez votre manche. Claude se raidit sur son siège. A présent, la voix de Joseph le révulsait à chaque fois qu’il l’entendait.
-Que comptez-vous lui faire ? S’écria Laure, affolée.
-Je lui offre l’éternité. Laure bondit de son siège et s’interposa entre son frère et Enroy.
-Non ! Vous ne savez pas ce que vous faites ! Vous n’avez pas la plus petite idée des conséquences que cela peut avoir.
-Cela s’appelle l’empirisme, ma chère… Nous n’avons pas le temps de nous livrer à de longues études.
-Non !
-Chère amie, je ne vous demande pas votre avis. Asseyez-vous et taisez-vous. Lui ordonna-t-il. Je n’ai qu’un mot à dire et mes hommes sauront vous ramener au calme. Claude, levez votre manche. Il sentit son souffle l’abandonner, un poids immense et glacé peser sur sa poitrine. Il tenta de résister malgré tout.
-Et si je refuse ? Enroy soupira.
-Pourquoi toujours compliquer les choses ? Si vous refusez, votre sœur en fera les frais. Ne m’obligez pas à en arriver là. Je vous assure que le risque est minime.
-Alors faites-la vous, cette injection ! Intervint Eric.
-Chut ! Je suis le seul ici à pouvoir analyser correctement ce qui en découlera. La thérapie génique est une technique que nous avons appris à maîtriser depuis quelques temps déjà. C’est une stratégie qui consiste à faire pénétrer des gènes dans les cellules d’un individu. Je vais vous injecter un rétrovirus. Il servira de vecteur. Il permettra d’insérer la nouvelle information génétique d’Osiris dans le génome de Claude. Voilà, ce n’est rien de bien méchant. Claude serra les dents et leva sa manche.
-Puisque nous sommes vos cobayes…
-C’est une petite piqûre pour vous et un grand pas pour l’humanité…
-Permettez-moi d’en douter. Enroy évita le regard de Claude et planta l’aiguille dans sa chair. Il pressa lentement le piston. Claude ne cilla pas.
-Et c’est finalement un être humain qui fait subir à un autre humain ce qu’il cherchait à éviter de la part d’un étranger… Constata Olivier, amer.
-Je ne fais que rétablir l’équilibre des forces en présence.
-Et qu’est-ce qu’un homme seul pourra changer ?
-Si tout va bien, d’ici quelques jours, ce ne sera pas un homme seul, mais des milliers…
-Qui vous dit qu’il vous reste encore ces quelques jours ?
-Rien. Je tente ma chance. Vous devriez aller vous allonger un peu. On va vous conduire à votre chambre. » Il ouvrit la porte et un homme entra. Il s’approcha de Claude en passant devant Laure. Elle sonda un instant les yeux de son frère. Il lui sourit. Eavec une rapidité folle, elle s’empara de l’arme qui pendait au côté de l’homme, ôta la sécurité, posa le canon sur le front de son frère et tira. L’homme la bouscula et la maîtrisa, mais il était trop tard. Il ne s’était pas méfié de cette femme qui lui avait paru si frêle. Il avait eu tort. La silhouette de Claude s’affaissa dans le siège, prise d’un long tremblement. Puis sa tête bascula sur le côté, ouvrant des yeux immenses aux cils éclaboussés de sang. Un haut-le-cœur souleva la poitrine d’Eric, un liquide aigre envahissait sa bouche. Pendant quelques instants, pas un bruit, pas un son ne s’éleva du groupe anéanti. Enroy ordonna d’un geste à son homme de la relever. Il lui fit face sans un mot. Puis il la gifla violemment.
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Publié dans Dieu est mort

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