Ce n’est pas de moi que vous devez avoir peur !

Publié le par Sandrine

-Ce n’est pas de moi que vous devez avoir peur ! Le prêtre s’empara de la première croix qui lui tomba sous la main et la brandit fébrilement sous le nez d’Olivier. Il lui lança un regard incrédule et se mit à rire. Mon Père, cessez cela. Vous vous couvrez de ridicule, ça ne sied pas à votre âge ni à vos fonctions. Regardez : vos fidèles se sont enfuis. Nous sommes seuls. Vous n’avez plus personne à persuader. Vous pouvez commencer à réfléchir sans vergogne, personne ne sera témoin de cette perversion…
-Vous êtes devenu fou ! C’est Satan qui parle par votre bouche ! Lui dit-il en reculant.
-Le fait est que les propos qu’on lui prête ne sont pas dépourvus de bon sens… Et que quand j’y repense… Le fait est que l’on a moins tué en son nom qu’en celui de tous les dieux que l’humanité a pu invoquer. N’est-il pas écrit qu’il faut juger de l’arbre à son fruit ?
-L’antéchrist…
-Le contradicteur, le malin… Ou comment tuer dans une l’œuf une possible rébellion par la désinformation. Dieu est mort et le Diable aussi. L’homme est orphelin, il faudra bien vous y faire !
-Arrêtez, Olivier ! Lui dit Claude qui s’était discrètement glissé à ses côtés. Vous voyez bien que cet homme est terrifié. Vous n’en obtiendrez rien. Venez, je crois que votre place n’est plus ici. Olivier se tortilla douloureusement dans son fauteuil. Au bout de quelques minutes d’efforts, son aube était au bout de son bras. Il la lança aux pieds du prêtre médusé. Olivier ôta également son col et la petite croix au revers de sa chemise. Les deux objets rejoignirent l’aube.
-Evidemment, j’abjure ! Je compte sur vous pour expliquer à notre hiérarchie qu’il va falloir se passer de mes services…
-Allons-y. Lui dit calmement Claude en pivotant le fauteuil vers la sortie. Olivier remarqua qu’un homme seul assistait à tout cela avec un vif intérêt.
-Attendez, messieurs ! Il faut que nous parlions…
-Quel revirement… Releva Claude à l’adresse d’Olivier.
-Non. Ce n’est pas vraiment cela… Pour la première fois de ma vie, je n’ai rien eu à perdre… Et le respect et la considération de mes pairs moins encore que le reste… Je n’ai plus eu peur de réfléchir sans entraves. Et voilà le résultat !
-Sans entraves, vous pouvez le dire ! Vous y êtes allé un peu fort, non, avec cette histoire de petits hommes verts… Olivier s’offusqua.
-Vous n’avez donc rien écouté ?
-Si, mais le dix huit, vous ne pouvez pas nier que vous et moi avons trouvé des explications parfaitement logiques à ce phénomène lumineux.
-Etait-ce vraiment si logique ? Vous croyez vraiment que nous avons été victimes d’une attaque ou d’un test militaire ? Ca vous paraît vraiment crédible comme explication ? Claude soupira.
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