Eric observait l’étranger à la dérobée.

Publié le par Sandrine

Eric observait l’étranger à la dérobée. Il avait beau savoir ce qu’il était, la ressemblance physique le perturbait énormément.
« -Pourquoi avez-vous fait ça ? Lui demanda l’étranger.
-Ca, quoi ? Lui répondit Eric, abrupt.
-M’aider.
-Parce que je ne suis pas comme vous.
-Vous n’êtes pas tous d’accord sur ce point.
-Et que pensiez-vous qu’il allait se passer une fois que vous seriez découverts ?
-Vous auriez dû vous soumettre. Vous êtes inférieurs. Vous ne pouvez rien contre nous.
-Je crois que ce qui vient de se produire prouve le contraire.
-Vous n’avez pas idée de la puissance de ceux à qui vous avez la prétention de vous attaquer.
-Je ne me suis attaqué à personne. Je viens de vous sauver la vie.
-Vous n’êtes que l’exception qui confirme la règle. Ne vous attendez à aucune mansuétude de notre part.
-Comment osez-vous parler de la sorte ? Combien avez-vous tué d’humains, vous ?
-Cela n’a pas d’importance…
-Si, pour moi, ça a une importance capitale !
-Bien. Et qu’est-ce que ça change ?
-Votre froideur est incompréhensible ! Vous pourriez au moins faire preuve d’un peu de reconnaissance et…
-Et ? Où voulez-vous en venir ? Je vous remercie… Vous sentez-vous mieux ? Qu’est-ce que cela peut bien changer ?
-Si nous décidons d’agir ensemble, cela peut tout changer ! Protesta Eric avec véhémence. L’homme le dévisagea. Il paraissait ne pas comprendre.
-Agir pour quoi faire ?
-Pour sauver l’humanité…
-Mais enfin, avant votre intervention stupide, elle n’était pas en danger…
-Pas en danger ? Alors que vous l’avez rendue mortelle et que vous pratiquez sur elle des expériences qui tuent des milliers de personnes…
-L’homme n’a jamais été immortel ? La mort fait partie de lui… Et ces expériences dont vous parlez… Elles ne concernent qu’une minorité. Elles ont toujours été maîtrisées. Si cela n’avait pas été le cas, vous ne seriez pas en train de me parler…
-Vous n’avez donc aucun scrupule. Pas une once de morale… Constata Eric, écoeuré.
-Quelle morale ? Vous-mêmes, vous mangez des animaux… Et vous les élevez pour le faire… En quoi sommes-nous différents ? De quel droit me blâmez-vous ?
-Nous ne sommes pas des animaux !
-Ce n’est pas ce que nous avons constaté… Et qu’est-ce qui vous permet d’affirmer le contraire ?
-Nous pensons, nous vivons en société, nous avons bâti des civilisations, nous avons un code moral…
-Les fourmis aussi. Ca ne vous empêche pas de les écraser.
-Nous ne sommes pas des animaux ! Répéta Eric, buté.
-Vous avez tort de penser ainsi. Nous, nous savons que nous en sommes et cela ne nous empêche pas de vivre. Cela remet les choses en perspective, voilà tout. C’est bien ce que je vous disais. Votre prétention va vous mener à votre perte.
-Vous pouvez vous y opposer !
-Non. Lui répondit-il très calmement. Non seulement je ne le peux pas, mais en outre, je n’en ai aucune intention.
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