Et Dieu, dans tout cela ?

Publié le par Sandrine

-Et Dieu, dans tout cela ? On ne peut pas imaginer qu’il soit impuissant face à la nature qu’il a lui-même créée ! Je croyais en un Dieu de bonté, au Père créateur et protecteur…. Il faut se rendre à l’évidence : j’ai cru de toutes mes forces à un mythe que l’homme a créé de toutes pièces parce qu’il lui est nécessaire de se bercer d’illusions. Dieu est mort ! Conclut-il en haussant la voix. Tenez ! Dit-il en lui tendant sa Bible. Je n’ai plus besoin de ce conte pour enfants.
-Votre colère vous aveugle. C’est très compréhensible, mais pensez à Job. Jamais il n’y eut homme plus éprouvé que lui. Et pourtant, jamais il ne s’est écarté du droit chemin. Claude eut un rire amer.
-Un chemin qui nous mène où ? Vous parlez bien, mon Père, mais saurez-vous lui pardonner ce qu’il vous a fait ?
-Il m’a laissé la vie…
-Vous ne savez pas à quel prix ! Pour vous comme pour moi, l’enfer, c’est ici et maintenant, soyez-en sûr !
-Mais enfin, Claude, reprenez-vous. Fou de rage devant la passivité de l’homme d’Eglise, Claude se rua dans la salle de bains et mit un miroir devant les yeux d’Olivier. Il eut un hoquet d’horreur en découvrant son visage. Ce n’était plus qu’une masse informe, une plaie gravelée de brûlures. Il ferma les yeux une seconde, tenta de calmer les folles pulsations de son cœur en se récitant le Notre Père. Il inspira profondément.
-La beauté physique n’est rien. La chair est éphémère… Claude lui adressa un sourire cruel puis posa le miroir sur la table de chevet.
-Vous lui pardonnez donc ?
-Je n’ai rien à pardonner, mon fils. Les épreuves qu’Il nous impose ne visent qu’à nous rendre meilleurs. Même si tout cela vous paraît fou pour l’instant, soyez sûr qu’Il ne vous chargerait pas d’un fardeau dont vous ne pourriez supporter le poids. Claude le toisa avec mépris.
-Et ça, serez-vous capable de le lui pardonner ? Lui jeta-t-il, haineux, en arrachant le drap qui le recouvrait. Olivier ouvrit des yeux démesurés. Sa bouche mima un cri qui ne vint pas. Il porta sa main à son genou gauche recouvert d’un énorme pansement. Son mollet et son pied avaient disparu.
-Est-ce un fardeau à votre mesure ? En quoi serez-vous meilleur ? Hein, dites-moi ! Mais répondez, nom d’un chien ! Vous que votre foi rend invulnérable…
-Mon fils… Commença Olivier presque suppliant.
-Non ! Pour vous, c’est Monsieur Michelet. S’Il existe, j’abhorre ce Dieu de haine et de souffrance et je renie toute autorité religieuse. J’attends ici depuis trois jours pour pouvoir vous mettre face à vos mensonges et à vos contradictions. Alors, avez-vous toujours foi en cette monstruosité que vous appelez Dieu ?
-Oui, je…
-Non ! C’est trop facile ! Vous êtes faible, bourré de médicaments qui vous troublent l’esprit et vous vous réfugiez derrière le paravent de la foi sans y avoir réfléchi pour ne pas avoir à m’affronter… Non ! Votre situation est trop confortable… Nous ne sommes pas égaux ! Je reviendrai lorsque vous serez lucide. Nous verrons alors jusqu’où vous aurez l’audace de soutenir vos inepties ! »

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