Le soleil de janvier éblouit Olivier.

Publié le par Sandrine

Le soleil de janvier éblouit Olivier. Durant son hospitalisation, sa paroisse avait été confiée à un prêtre retraité qui avait repris ses fonctions pour l’occasion. Les enterrements s’étaient succédés. Mais nombre d’entre eux ne s’étaient pas déroulés au sein de l’Eglise. L’injustice de ce qui s’était produit avait subitement grossi le rang des athées. Ce matin, assisté de son suppléant, le Père Olivier reprenait ses fonctions. Il eut un pincement au cœur en pensant que Claude ne serait pas là. Contrairement à ce qu’il lui avait annoncé, il n’était pas revenu. Olivier relisait son sermon et y mettait la dernière touche. La présence du vieux prêtre le gênait considérablement mais piégé dans son fauteuil roulant, il ne pouvait se passer de son aide. Lorsque son confrère l’installa dans la nef, près de l’autel, il remarqua que l’église était aux trois quarts vide. Il ravala sa déception. Il tenta de reconnaître les visages qui lui faisaient face. Il dut se rendre à la raison. Le médecin avait vu juste. Il représentait dorénavant la laideur, la douleur et la faiblesse. Sitôt qu’il posait son regard sur l’un des fidèles, son visage s’inclinait irrémédiablement vers le sol pour ne pas faire face à ce qu’il incarnait. Le vieux prêtre commença l’office de la façon la plus traditionnelle qui soit. Cela semblait ravir les fidèles les plus âgés. Enfin, il approcha Olivier du micro. Alors qu’il jetait un dernier regard circulaire à la poignée de gens à qui il allait parler, il reconnut Claude qui s’asseyait dans la dernière rangée. Son cœur se serra. Il sut alors qu’il avait raison de faire ce qui lui semblait juste.

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