Que s’est-il passé ? Le médecin ôta ses lunettes

Publié le par Sandrine

-Que s’est-il passé ? Le médecin ôta ses lunettes et s’assit dans le siège que Claude venait de quitter.
-Vous avez été exposé à un virus mutant de la variole.
-Cette maladie n’est-elle pas réputée éradiquée ? Je crois savoir que le risque épidémique est à présent si faible que l’on a même cessé les vaccinations…
-Nous le pensions, mais il paraît évident que nous nous trompions.
-A-t-on déjà entendu parler de cas similaires aux nôtres dans le monde avant aujourd’hui ?
-Non, pas à ma connaissance…
-Comment un virus si discret qu’on l’a cru disparu aurait-il pu muter ?
-Je ne sais pas.
-Comment aurait-il pu se propager dans notre petit village aussi spontanément alors que personne n’est parti à l’étranger et que nous n’avons aucune activité touristique ?
-Je ne sais pas.
-Avez-vous au moins cherché à comprendre ? Lui demanda Olivier, acide.
-Oui, mais les éléments dont nous disposons sont infimes et…
-Je vous écoute…
-Ils sont classés secret défense. Je suis navré, mais je ne vous suis d’aucune aide.
-Secret défense ? Vous plaisantez, naturellement !
-Pas le moins du monde. Ce qui s’est produit ressemble à s’y méprendre à une arme bactériologique…
-Vous êtes en train de m’expliquer que nous aurions été victimes d’un acte terroriste…
-C’est ce qui se murmure.
-Une commune rurale de seulement trois mille âmes… Quel intérêt stratégique cela représenterait-il ?
-L’ensemble de la commune n’a pas été touché.
-Pardon ?
-Seuls les paroissiens l’ont été. Le phénomène semble circonscrit à l’église. Seuls les Michelet ont présenté les premiers symptômes hors de vos murs. Ils étaient d’ailleurs sur le point de s’y rendre. Ca ne s’est joué qu’à quelques minutes. Il est à peu près certain que la contamination a eu lieu dans l’église quelques jours auparavant. Le temps de l’incubation…
-Vous avez retrouvé des traces dans l’église ?
-Non. Un virus est un être vivant. S’il ne trouve pas un hôte dans lequel se développer, il meurt rapidement.
-Si comme vous le dites, il s’agit d’une contagion, pourquoi les autres villageois n’ont-ils pas été touchés ?
-Je n’en sais rien. Nous ne connaissons pas le mode de transmission de ce virus.
-Vous rendez-vous compte de que qu’impliquent vos propos ?
-Tellement d’hypothèses sont envisageables qu’il est plus sage de dire que nous ne savons pas ce qui s’est passé.
-Et vous comptez rester les bras croisés en espérant que cela ne se reproduise pas ?
-Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Ce sont les scientifiques de l’armée qui sont dorénavant en charge de ce dossier.
-Et vous n’aimeriez pas comprendre ?
-Je n’ai aucun moyen d’agir. Vous non plus, du reste. Essayez de vous remettre. Nous aurons l’occasion de reparler de tout cela. »

Lire la suite: Complètement perdu, Olivier ne parvint pas à trouver le sommeil.​

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