Quelques minutes plus tard, non seulement

Publié le par Sandrine

Quelques minutes plus tard, non seulement les policiers commençaient les recherches, mais l’armée avait envoyé des renforts. Pour couper court à toute polémique, Claude accepta que sa maison soit fouillée. Déçue et toujours persuadée de la responsabilité d’Olivier malgré l’évidence, madame Humbert quitta les lieux sans un mot d’excuse.
« -Je suis vraiment confus… Commença Claude. Olivier l’interrompit d’un geste de la main.
-Vous n’êtes en rien responsable de l’attitude de cette femme. Je me demande où ont pu passer ces enfants… Ils ont moins de dix ans, il y a de la neige partout et il fait nuit… Ils ne doivent pas être bien loin…
-Et Joseph. Où est-il passé ?
-Je l’ai vu discuter avec un militaire… Il a dû partir avec eux. C’est ce que j’aurais fait moi aussi si j’avais pu… Dit-il en regardant son moignon avec une moue de dégoût.
-Nous n’aurions pas été très utiles. Il y a déjà un monde fou à leur recherche. Mais, nom d’un chien, pourquoi n’a-t-elle pas surveillé ses gamins au lieu de cancaner ?
-On ne peut pas le lui reprocher. Une seconde d’inattention n’est pas un crime. D’autant moins lorsque l’on habite une petite commune dans laquelle tout le monde se connaît et où l’on se sent en sécurité.
-Quand on a la chance d’avoir des enfants, on s’en occupe ! Trancha Claude, ulcéré. Olivier vit une profonde tristesse dans ses yeux et préféra changer de sujet de conversation.
-Que pensez-vous de ce Joseph ?
-Je ne sais même plus ce que je dois penser de moi, alors… Et quand bien même, il sollicite une collaboration… Mais pour quoi faire ? Nous ne sommes ni des militaires, ni des scientifiques. A quoi pourrions-nous bien servir ?
-Il doit bien avoir une petite idée derrière la tête, sinon il ne se serait pas donné la peine de nous rencontrer.
-On peut toujours lui demander ce qu’il attend de nous et réfléchir ensuite.
-Voyez-vous l’église depuis l’entrée ? Lui demanda-t-il soudain.
-Non. Pas à l’œil nu. Mais je crois que j’ai une paire de jumelles…
-Laissez tomber. C’était simplement de la curiosité malsaine… Je doute qu’on prenne la peine de nous avertir si quelque chose se passe.
-Vous l’avez dit vous-même : ici, il y a un taux de délinquance proche du néant. En plus, ils sont deux… Ils doivent simplement se cacher pour faire une blague. C’est plus courant qu’on ne croit.
-Je croise les doigts pour que vous ayez raison. » La conversation mourut lentement entre les deux hommes. Claude alluma la télévision pour briser le silence qui s’installait lourdement entre eux. Aucun d’eux ne semblait pressé d’aller se coucher. Il était plus de minuit quand on sonna à la porte. Souriant, Joseph entra sans attendre que Claude ne l’y invite.
Lire la suite: Nous avons retrouvé les enfants.​

Publié dans Dieu est mort

Commenter cet article