Surpris, tous trois virent leur véhicule se garer

Publié le par Sandrine

Surpris, tous trois virent leur véhicule se garer devant la façade d’un restaurant. Sur le trottoir, Enroy et l’inconnu les attendaient. Enroy ouvrit la porte à Laure.
« -Merci. Lui jeta-t-elle d’un air mauvais.
-C’est un plaisir de faire votre connaissance, ma chère.
-Il n’est pas partagé.
-Allons, ne vous fâchez pas. Venez plutôt éclaircir ce malentendu autour d’un bon repas. Cet établissement sert la meilleure bouillabaisse du monde ! Il se faisait enjoué et charmeur mais la mine défaite d’Eric disait assez qu’un piège allait se refermer sur eux.
-Je vous présente Eric dit Iznogoud dans votre petit monde. Lequel de vous est Harry Potter, au juste ?
-Nous le sommes Laure et moi. Répondit Claude.
-Ingénieux ! Répliqua-t-il avec enthousiasme. Permettez-moi de vous offrir le champagne pour fêter nos retrouvailles. Il héla un serveur et observa silencieusement ses convives jusqu’à son arrivée. A notre coopération ! Lança-t-il en levant son verre. Personne ne l’imita. Oui, je sais ce que vous vous dites… Alors évacuons sans tarder les propos désagréables… Soit vous m’offrez votre concours plein et entier, soit je vous fait condamner pour terrorisme. Evidemment, si vous tentez de me fausser compagnie à nouveau, je serais contraint d’assister à vos funérailles. Mais nous sommes des personnes raisonnables…
-Où est-il ? Demanda Olivier de but en blanc.
-A l’hôpital, voyons ! Il était bien mal en point… Mais il a une constitution hors du commun… Il va plutôt bien compte tenu des circonstances. Il n’est pas très loquace, en revanche. Je crois bien qu’Eric a eu la primeur des seules paroles qu’il a bien voulu prononcer, et le fait est qu’il ne semble pas très bien disposé à notre égard. Ne soyez pas si impatient, vous allez bientôt le rencontrer. Alors, Laure, vous me permettez de vous appeler par votre prénom, bien sûr… Donc, ma chère Laure, que pensez-vous de cette bouillabaisse ?
-Elle est effectivement exquise. Admit-elle à contrecoeur.
-C’est bien. Vous êtes sincère. Rancunière, mais sincère. Olivier, je vois avec plaisir que vous avez jeté votre fauteuil au rebus. Un prothésiste vérifiera si tout va bien tout à l’heure.
-Vous êtes un père pour moi ! Ironisa-t-il.
-Jusqu’à très récemment, c’était l’inverse… Olivier détestait cet homme et sa morgue raffinée.
-Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis…
-J’apprécie votre ouverture d’esprit, mon ami. Il va vous en falloir… Mais, chut ! J’en ai déjà trop dit et j’aimerais vous réserver quelques surprises. » Il se livra à un monologue futile, émaillé seulement de quelques réflexions acides pour toutes réponses. Puis ils quittèrent le restaurant. Il décida qu’une promenade digestive s’imposait et c’est à pied qu’ils prirent le chemin de l’hôpital. Ils croisèrent un groupe de jeunes gens qui riaient et se chamaillaient. L’un d’eux , en passant à leur hauteur, laissa glisser son regard sur eux sans les voir. Claude et Olivier qui avaient pourtant fréquenté les lieux ne parvinrent pas à s’y repérer. Ils furent donc réellement surpris lorsqu’ils s’immobilisèrent devant une chambre à la paroi murale vitrée. Un homme y était allongé. Il regardait fixement le plafond.
« -C’est lui. Leur annonça Enroy. Il est vrai qu’à première vue, il n’a rien d’exceptionnel… Claude interrogea Eric du regard. Celui-ci approuva silencieusement.
-Olivier, je crois que vous êtes le plus qualifié de nous pour tenter d’obtenir des confidences. Si vous voulez bien vous donner la peine… Olivier haussa les épaules, désabusé.
-N’espérez rien. Il n’y a pas de miracle. » Il s’assit silencieusement à côté de l’homme. Il le dévisagea franchement puis posa son regard sur le mur face à lui. L’homme ne lui prêta aucune attention pendant plus de dix longues minutes. Puis il lui lança un regard furieux. Olivier lui sourit.
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