Alain finit sa journée à quatorze heures...

Publié le par Sandrine

Alain finit sa journée à quatorze heures. Sa demande de congés avait surpris mais elle avait été immédiatement acceptée. Il était donc libre comme l’air à partir de cet instant. Libre et en même temps prisonnier d’un ennui mortel. C’était la première fois qu’il allait devoir passer ses vacances seul dans son appartement. Habituellement, il s’arrangeait pour les prendre en même temps qu’Eric et tous deux organisaient un petit séjour loin de chez eux. Il ouvrit sa porte et ne fut accueilli que par un silence pesant. Il s’accommodait de tous les autres petits inconvénients de la solitude, mais ce silence, il ne le supportait plus. Il alluma immédiatement la télévision pour entendre le son d’une voix. Et ce qu’il entendit avait de quoi le réjouir.
« Cette nuit, un homme a été arrêté et mis en garde à vue pour homicide volontaire avec préméditation. Il s’agit de Rémi Sabone, un homme connu pour son appartenance à une groupuscule d’extrême droite ultra violent qui n’hésite pas à se livrer régulièrement à des actions musclées. Il n’aura fallu que quelques heures à la police de Lyon pour obtenir des aveux circonstanciés du mis en cause. Nous ne pouvons que saluer leur grande efficacité. Cependant, si le meurtrier de Lyon a été neutralisé, il convient de relever que le tueur à l’arc parisien, lui, est toujours en liberté et peut toujours s’adonner à ses crimes en toute impunité. Nous ne pouvons que nous étonner de cette différence entre l’efficacité de la police Lyonnaise et Parisienne. Nous recevons Monsieur Leblanc, notre expert en police judiciaire qui va nous expliquer pourquoi il existe une telle différence de résultats… » Alain sourit largement. Pourquoi ? Mais parce qu’il était le meilleur, voilà tout ! Il avait dorénavant toutes les informations dont il avait besoin pour agir : il prenait une douche et en route pour Lyon. Il fallait rétablir la véracité sur ses intentions. Seuls les ennemis de la République et de la laïcité étaient en danger. Les braves gens eux, pouvaient dormir tranquille, il les protégeait, eux et leurs valeurs. Il ne lui fallu que quelques secondes grâce à son moteur de recherche préféré pour trouver l’adresse du groupuscule en question. Il lui fallait à peu près quatre heures de trajet… Il pouvait y être pour dix neufs heures. Ca lui semblait être une heure raisonnable. Il y aurait forcément quelqu’un… Il se munit de tout son matériel ainsi que d’une glacière électrique rechargeable. Il était très serein, presque joyeux. Les vacances allaient finalement s’avérer moins monotones que prévu.

Publié dans Charlie profané

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