Il était huit heures. Serge avait reçu un coup de fil dans la nuit...

Publié le par Sandrine

Il était huit heures. Serge avait reçu un coup de fil dans la nuit. Le tueur semblait maintenant frapper chaque nuit. Le procureur n’en dormait plus… Et lui non plus ! Il décida de passer au laboratoire d’analyses pour récupérer ses résultats avant d’aller voir le docteur Fenbeck. Il essaierait de tuer une ou deux heures dans l’espoir que l’autopsie soit terminée à son arrivée. Il n’avait vraiment pas envie d’y assister à l’heure du petit déjeuner. Il se présenta à l’accueil du laboratoire. La secrétaire lui demanda de confirmer son identité et lui demanda de bien vouloir patienter quelques instants. Il n’y voyait pas d’objection, mais une petite angoisse lui noua l’estomac. Quelques minutes après, un homme en blouse blanche lui serrait la main.
« -Je tenais à vous voir pour attirer votre attention sur la nécessité consulter rapidement votre médecin. Quand avez-vous rendez-vous ? Si c’est trop éloigné, je peux prendre contact avec lui… Il avancera le rendez-vous…
-C’est gentil, mais j’ai rendez-vous avec lui dans la matinée. » L’homme parut rassuré. Serge allait lui demander ce qui l’inquiétait à ce point, mais déjà l’homme s’était éclipsé. Il se trouva face à la secrétaire, les bras ballants, ne comprenant rien à ce qui venait de se passer. Elle lui sourit chaleureusement avant de passer à un autre patient. Au suivant ! Chantonna-t-il intérieurement avant de prendre la porte. Il regarda l’enveloppe d’un sale œil. Il n’avait plus du tout envie d’aller voir Fenbeck. Il eut la tentation de consulter les résultats avant de se raviser. A quoi bon ? Il ne comprendrait rien à ce charabia médical. Les médecins savaient se rendre indispensable avec leurs termes presque ésotériques inaccessibles au commun des mortels. Il ouvrit son paquet de cigarettes. Il était vide. Il avisa le premier tabac venu et y entra. Ce n’était pas raisonnable. Mais au fond de lui, quelque chose lui disait qu’il pouvait se le permettre, que cela n’avait pas réellement d’importance.

Publié dans Charlie profané

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