Il était vingt et une heures quand Alain rentra chez lui...

Publié le par Sandrine

Il était vingt et une heures quand Alain rentra chez lui. Il était satisfait de sa journée. Il avait décidé d’aller boire un café après avoir été à la salle de musculation. Par un extraordinaire coup du sort, il avait croisé le policier en charge de l’arrêter… S’il le pouvait. Décidément, le destin le servait au-delà de toute raison. Non seulement il lui offrait les conditions les plus favorables pour accomplir ce qu’il appelait ses œuvres, mais en plus il avait mis sur sa route un flic désabusé et mourant. Il prit une longue douche, comme pour se débarrasser des miasmes qui rongeaient Serge et qui auraient pu le contaminer du seul fait de leur brève proximité. Alors qu’il finissait de s’habiller, on sonna à la porte. Il eut la tentation de ne pas répondre. Il avait prévu de sortir. Il n’avait pas envie qu’un grain de sable vienne se mettre dans ces rouages qui fonctionnaient si harmonieusement. Mais la sonnette retentit à nouveau, têtue. Il soupira et se résigna, bien décidé à se débarrasser du gêneur le plus vite possible. Il eut une expression de surprise en voyant Madame El Bachir elle paraissait aussi soucieuse que nerveuse.
« -Bonjour. Entrez. Qu’est-ce qui ne va pas ? Lui demanda-t-il, oubliant aussitôt sa contrariété.
-C’est Eric. Tu as eu de ses nouvelles ?
-Non… Il resta évasif.
-Ca fait plus de deux jours que j’essaie de l’appeler. Je lui ai laissé une dizaine de messages. J’étais tellement inquiète que j’ai même téléphoné à son travail… La vieille femme se tordait les mains en parlant. Je sais que vous êtes en froid, mais… Je sais que tu tiens à lui. Tu as bien un double de ses clefs, non ?
-Il doit faire la tête, voilà tout. La vieille femme nia vigoureusement.
-Non ! Pas à moi. Il est très correct. Il m’aurait au moins rappelée pour me rassurer. Tu le connais aussi bien que moi… Tu sais que quelque chose ne va pas… Elle se faisait suppliante. Il soupira.
-Je vais aller voir ce qui se passe. Mais il va me mettre à la porte.
-Ca, c’est un moindre mal. Du moment qu’il va bien… Alain, emmène-moi avec toi… A moi, il me parlera… Il parut réfléchir.
-Allez. On y va. »

Publié dans Charlie profané

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