Il roulait au petit bonheur la chance...

Publié le par Sandrine

Il roulait au petit bonheur la chance, privilégiant les petites rues sombres. C’était les lieux les plus propices aux agressions. Il entendait la vie bruire autour de lui. Il n’en ressentait ni frustration ni envie. Cela ne l’intéressait pas. Ses semblables ne lui inspiraient aucun sentiment particulier. Une certaine indifférence, voilà tout. Il respectait les règles de la vie en société parce qu’elles lui permettaient de mener tranquillement la vie qu’il s’était choisie, voilà tout. Il défendait la laïcité car il ne voulait pas voir son mode de vie changer. Il s’arrêta à plusieurs reprises, croyant que certaines situations un peu tendues allaient dégénérer, mais la plupart étaient dues à une alcoolisation galopante. Cela l’écoeurait. Il détestait les comportements excessifs. Il était minuit et quart. Il était garé dans une ruelle. Une jeune femme voilée marchant d’un bon pas passa devant lui, totalement inconsciente de sa présence. Une voiture le dépassa et ralentit à la hauteur de la jeune femme. Il baissa sa vitre. « Eh toi, connasse, je te parle, non ! » Entendit-il. La jeune femme pressa le pas. La voiture avança de quelques mètres et s’arrêta à nouveau à sa hauteur. Deux hommes en descendirent. Ils ressemblaient fortement à des skinheads. « Toi, avec le voile ! On ne t’a pas appris la politesse dans ton pays ! Quand on te parle, tu réponds ! » Surprise et effrayée, la jeune femme se retourna. S’étant assurée que c’était bien à elle qu’on s’adressait, elle tenta de prendre la fuite. Mais les deux hommes l’encadraient déjà. Ils la saisirent par les bras et l’entraînèrent vers une petite impasse transversale située juste derrière leur véhicule. L’un d’eux la plaqua à l’angle tandis que l’autre brandissait un couteau près de son visage. Alain se dit qu’il avait assez attendu. Cette fois, il n’y avait pas d’erreur possible. Ces deux-là étaient des salauds. S’il ne faisait rien, la jeune femme allait finir mutilée…. Au minimum… Il ajusta sa visée et tira en priorité sur l’homme armé. Il visa une seconde fois et le second s’effondra, libérant la jeune femme de son emprise. Il craignit une seconde qu’elle ne l’eut aperçu. Mais elle s’effondra elle aussi. Elle s’était évanouie sous l’effet de la peur. C’était bien normal. Alain démarra et emprunta la ruelle en marche arrière, puisque le véhicule des deux agresseurs bloquait le sens normal de la ruelle. Il disparut. Sa mission était accomplie.

Publié dans Charlie profané

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